Éthiopie : 60 chrétiens orthodoxes tués dans la région d'Arsi, des arrestations après les funérailles suscitent l'inquiétude
Publié le 2 novembre 2026 | Actualité internationale | Afrique
Une série d'attaques meurtrières dans la région d'Oromia, en Éthiopie, a fait au moins 60 morts selon l'Église orthodoxe éthiopienne. Les violences, survenues les 20 et 24 octobre dans la zone d'Arsi, ont également provoqué des blessés et des destructions de biens. Dans les jours qui ont suivi, des habitants ont signalé des arrestations visant notamment des personnes ayant participé aux funérailles ou porté assistance aux victimes. Les États-Unis ont appelé les autorités éthiopiennes à enquêter sur ces événements et à traduire les responsables en justice.
Deux attaques meurtrières en moins d'une semaine
La situation sécuritaire reste préoccupante dans la région d'Oromia, au centre de l'Éthiopie. Deux attaques distinctes ont frappé des communautés chrétiennes orthodoxes dans la zone d'Arsi au cours du mois d'octobre.
Selon le Saint-Synode de l'Église orthodoxe éthiopienne Tewahedo, la première attaque s'est produite le 20 octobre dans le district de Merti, où 14 fidèles auraient été tués.
Quatre jours plus tard, le 24 octobre, une nouvelle attaque a visé les localités de Chole et Birbo, dans le district de Shirka. L'Église fait état de 46 personnes tuées lors de cette seconde attaque.
Le bilan communiqué par l'institution religieuse atteint ainsi 60 morts pour les deux événements. Plus de 20 personnes auraient également été grièvement blessées et une vingtaine de maisons auraient été incendiées.
L'agence Associated Press et Reuters ont relayé ces informations tout en soulignant que les circonstances précises et les responsabilités restent à établir.
Des habitants dénoncent des arrestations après les funérailles
Au-delà des attaques, les événements qui ont suivi les massacres soulèvent de nouvelles inquiétudes.
D'après une enquête publiée le 28 octobre par Addis Standard, plus de 50 habitants auraient été arrêtés dans le district de Shirka après avoir participé aux enterrements des victimes ou aidé les personnes blessées.
Des témoignages recueillis auprès de résidents indiquent que certaines personnes interpellées avaient simplement transporté des blessés, participé aux cérémonies funéraires ou rejoint leurs proches pour leur rendre hommage.
Des femmes en vêtements de deuil auraient également été concernées par ces arrestations, selon les témoignages rapportés par le média.
La BBC et d'autres médias ont également recueilli des témoignages faisant état de détentions. Les chiffres varient selon les sources et les périodes considérées.
À ce stade, les motifs précis de ces interpellations et la situation de toutes les personnes concernées ne sont pas clairement établis. Les autorités régionales n'ont pas apporté de réponse publique détaillée aux accusations concernant ces arrestations.
Une réaction des États-Unis et des appels à une enquête indépendante
Les violences dans la région d'Arsi ont suscité des réactions internationales.
Le 31 octobre, le Bureau des affaires africaines du département d'État américain a exprimé sa profonde préoccupation concernant les informations faisant état de meurtres ciblés de civils dans la région d'Oromia.
Washington a condamné les violences motivées par des considérations religieuses, ethniques ou politiques et demandé que les attaques cessent.
Les États-Unis ont également appelé le gouvernement éthiopien à mener une enquête approfondie et à faire en sorte que les responsables soient traduits en justice. Le communiqué américain invite par ailleurs les différentes parties à éviter les déclarations susceptibles d'accentuer les divisions au sein de la population.
Cette réaction intervient alors que les responsabilités des attaques ne sont pas encore clairement établies.
Une région confrontée à des violences récurrentes
Les événements d'octobre s'inscrivent dans un contexte sécuritaire difficile pour plusieurs communautés de la région d'Oromia.
Selon l'organisation spécialisée dans l'analyse des conflits ACLED, les violences visant les civils dans la zone d'Arsi se sont multipliées depuis février 2023. L'organisation a recensé 193 incidents de violence ciblant des civils sur cette période, dont environ un tiers concernaient des habitants chrétiens orthodoxes.
Pour les événements du 24 octobre, ACLED estime le nombre de victimes entre 40 et 60 personnes.
Les autorités régionales ont mis en cause des groupes armés, notamment l'Armée de libération oromo (OLA), ainsi qu'une alliance rebelle désignée sous le nom de Tsimdo. Ces accusations restent contestées et les responsabilités n'ont pas été établies de manière indépendante.
La situation est d'autant plus difficile à documenter que les restrictions d'accès à certaines zones et les problèmes de communication compliquent le travail des journalistes et des observateurs.
Protéger les civils et établir les responsabilités
Face à cette situation, plusieurs organisations religieuses et acteurs internationaux demandent une enquête impartiale et des mesures concrètes pour protéger les populations.
Pour les familles endeuillées, les priorités restent la sécurité, l'accès à l'aide et la possibilité de rendre hommage aux victimes sans crainte de nouvelles violences.
L'identification des responsables, la transparence des enquêtes et le respect des droits des personnes détenues constituent désormais des enjeux majeurs pour les autorités éthiopiennes.
Alors que les appels internationaux se multiplient, la situation dans la région d'Arsi reste sous surveillance. Les prochaines décisions des autorités pourraient jouer un rôle important dans la prévention de nouvelles violences et le rétablissement de la confiance des populations.
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